Le CRKT M16

détail de la lame Tanto crkt m16-02ks Détail lame Tanto

 

La gamme des M16 dessinée par Kit Carson est vaste.

J’ai choisi le M16-02KS qui est l’un des plus petits.

CARACTERISTIQUES PRINCIALES

  • Longueur de lame: 7.7 cm
  • Longueur déplié: 18.5 cm
  • Longueur replié: 10.9 cm
  • Poids: 105 gr
  • Acier: 12C27
  • Plaquettes: 2Cr13
  • Système de fermeture: Liner Lock
  • Pays: USA
  • Prix moyen: 50 €

 

La forme de la lame est de type « Tanto », assez agressive avec un look général assez « mili ». L’ouverture par flipper est pratique, mais je trouve à l’usage qu’il faut un vrai coup de poignet pour le déployer complètement.

Il est léger, discret, assez petit et plat et rentre dans toutes les poches. C’est mon couteau actuel d’EDC qui rempli parfaitement ses tâches quotidiennes.

L’émouture en V est facile à entretenir. En revanche l’angle est assez obtu et du coup, même si ce n’est pas son usage premier, pour couper du beurre par exemple, ce n’est pas très adapté. 


  On les reçoit dans des boîtes en carton de dimensions convenables par rapport à celles de l’objet (j’entends par convenables qu’elles ne sont pas démesurées, comme font certains fabricants) :

 

 

Dedans, ils sont emballés sous plastique, avec un petit dépliant sans intérêt que j’ai jeté et qui, par conséquent, ne figure pas sur la photo :

 

 

Je vous propose à présent un comparatif des tailles entre mes deux félins et monseigneur the Large Sebenza Twenty One.

D’abord fermés :

 

 

Et maintenant ouverts :

 

 

Comme on le voit sur ces dernières photographies, l’un et l’autre de mes titans sont dotés d’un ergot au talon de la lame qui  fait d’une part office de butée pour éviter, en position ouverte, que les doigts ne glissent malencontreusement du manche sur la lame (bobo), et permet d’autre part une ouverture rapide et ambidextre, en appuyant dessus avec l’index à partir de la position fermée. Ouverture fulgurante et claquante qui ne concourt pas peu à inquiéter les lamophobes (parmi lesquels les femmes, selon mon expérience, sont moins donneuses de leçon que les hommes). Démonstration de la vivacité du système :

http://www.youtube.com/watch?v=0XrKi-8Lz6M

 

On peut remarquer, sur la dernière photo, des subtilités entre la ligne du 13T et celle de son petit frère le 01T, lequel semble épouser un léger galbe, tandis que le grand a la rectitude d’une droite de la pointe jusqu’à la vis  arrière ; du coup, il semble un peu plus raide que son benjamin. De même, l’émouture de leurs lames présentent des nuances de conception dont je ne perçois pas les motivations techniques : si quelqu’un pouvait m’éclairer. L’émouture des tranchants est légèrement concave dans les deux cas, facile à affûter.

 

Etant frères, ils ont dans leur code génétique commun le système « LAWKS » (Lake And Walker Knife Safety) qui verrouille le linerlock pour éviter que celui-ci, par une distraction malvenue, ne quitte inopinément ses fonctions et libère le mordant furieux de la lame sur vos doigts déconcertés et conséquemment destinés à quelques douleurs aiguës avec du sang qui coule dru, points de suture et semaines de cicatrisation, voire de rééducation.

Grâce au ciel, CRKT nous en préserve et réduit quelque peu les risques de telles et tristes mésaventures avec le système LAWKS :

– on le verrouille comme ça, en poussant le loquet, pour empêcher le liner de débloquer :
 

  
 

– et on le déverrouille comme ça, en tirant le loquet, le liner peut libérer la lame qui peut enfin rentrer les dents :

 

  


(Vous pouvez agrandir au centre des images, pour mieux voir de quoi il retourne.)

 

Une possibilité pour optimiser la manipulation d’un couteau, c’est l’adjonction d’une dragonne. C’est très recommandé sur un bateau, en plongée, mais aussi en bricolage, afin d’éviter que, s’il tombe, il ne s’ébrèche ou ne se perde dans je ne sais quel abîme (mer, falaise, crevasse…) ou tout simplement pour qu’il ne blesse personne et n’abîme rien. Par bonheur, parmi la multitude de trous qui rythment leur design, il en est un sur chaque modèle qui convient à une dragonne sans que la lame ne la détériore en se repliant.

Ce trou-là pour le grand (à gauche), ce trou-ci pour le petit (à droite) :

 

 

 

La dragonne que j’utilise vient d’un MP3, mais on peut sans doute en acheter qui sont destinés aux téléphones portables ou aux appareils photo (si quelqu’un a le tuyau, parce que moi, je n’arrive pas à acheter une dragonne vendue sans l’appareil : ça fait cher la dragonne). Ce n’est peut-être pas aussi solide et résistant qu’un bout de marine section 2 ou 3 mm, mais c’est fort pratique car vite démontable et plus « citadin », plus « in ». Démonstration en deux clichés :

Je tiens et… je lâche pour faire un truc !

 

 

Bon, je fais un truc nul avec la main droite, mais c’est pour vous montrer. On remarque que la pointe est vers le bas, ce qui fait un élément de sécurité en sus (sauf… si on est dessous) ! Du reste, il est toujours préférable de refermer le couteau avant de le lâcher, dragonne ou pas. 

     En fait, ils sont l’un et l’autre très plaisants à manipuler, car bien équilibrés sur l’index, comme j’aime : 


 

 Cela est rendu possible grâce à la légèreté du titane, mais aussi aux divers trous qui allègent singulièrement le manche.
 

 

Ainsi, et toujours à propos du 01T, j’ai également testé pour vous (mais surtout pour moi, il faut bien le dire) une modification intéressante du clip dit « de ceinture », spécialement pour le cas où, pas de chance, on le met dans la poche. On voit sur la photographie le clip du 13T au fond et, au premier plan, celui du 01T après modification :

 

 

A l’origine, le clip du 01T avait la même forme que celui du 13T, quoique placé au-dessus de l’axe de la lame et non en-dessous ; cela autorisait un port assez discret, mais le couteau dépassait quand même de la poche, quelques millimètres qui se voyaient un peu. C’est pourquoi, à la flamme de gazinière (un bec Bunsen sera plus adapté, si on en dispose) et à l’aide de deux pinces, j’ai replié la partie vissée (ne le faire que quand le métal est « rouge cerise », sinon il se craquelle et se fragilise), ce qu’on voit sans doute mieux sur ce cliché (on voit aussi que l’acier a noirci) :

 

 

De cette façon, la totalité du couteau est sous la ligne de flottaison de la poche, aussi discret qu’un stylo à bille. Voyez plutôt ce que cela donne si on le porte à la poche revolver, 13T à gauche et 01T à clip modifié à droite :


 

 

Pour le port, disons, « discret », voici encore une solution : cliper le couteau dans une poche revolver munie d’un rabat qui fera échapper l’objet aux regards (mais pas à la fouille…).

 

Quelque part sur ce site, j’ai lu le problème consistant à trouver de fines clefs torx. Or elles sont nécessaires et non fournies pour le démontage des M16. Il faut une clef n° 6 pour le clip :

 

 

et une clef n° 8 pour les plaquettes :

 

 

Je les ai trouvées au BHV de Paris, deux ou trois euros. J’en ai cherché dans des grands hypermarchés de bricolage, on n’en trouve pas toujours. Voici les instruments de précision :

 

 

Quant à l’axe de la lame, il est à la fois prévu pour un large tournevis plat et pour le pouce, avec des stries quadrillées :

 

 

On peut ainsi régler le serrage de la lame, ou la démonter, en un tournemain !

 

Profitons de l’image pour observer la grande rondelle de téflon à travers les trois trous autour de l’axe. On voit aussi l’ergot de flip au-dessus avec des rainures antidérapantes, ainsi que l’appui-pouce strié (ici pour le pouce droit) ; les deux permettent théoriquement une ouverture ambidextre, mais pour être franc, l’ouverture avec l’appui-pouce n’est guère aisé, alors que celle avec l’index sur le flip est au contraire facile et rapide.

 

Et nous terminerons cette revue par le traditionnel « plus et moins », en commençant par les moins :

 

1)      L’acier AUS-8 n’est pas à la hauteur du titane, c’est comme du cristal dans du platine : au platine il faut du diamant, de même qu’au titane il faut au bas mot de l’ATS34, voire du S30V, ainsi que des rondelles de bronze. C’est plus solide, c’est plus beau, c’est plus noble.

 

2)      La lame du modèle 13T est à mon avis trop mince (2,5 mm), qui se destine sous d’autres finitions à des usages militaires. Si on ne s’attend pas à abattre des arbres, il s’agit néanmoins de tailler des branches, de la corde, des sangles, des plastiques, avec des efforts parfois un peu puissants. 3 mm eût été plus judicieux, me semble-t-il.

 

3)      L’ajustement du linerlock du modèle 01T n’est pas assez précis, la lamelle de blocage est un peu fine et manque de rigidité. De plus, si elle ne butait pas sur la plaquette opposée, elle ne bloquerait plus rien. On le voit bien (à gauche), en comparaison du 13T (à droite) plus robuste et plus précis :

 

 

C’est là qu’on voit une sacrée différence avec le framelock : la puissance de blocage.

Je ne puis donc que vous conseiller, lorsque vous achèterez un M16-01, 02, 10 ou 12, de vérifier que le liner ne s’engage pas trop à droite, car il risquerait de s’user vite, comme sur le mien.

 

(Profitons de la  photo ci-dessus pour examiner le montage de nos M16. De gauche à droite : plaquette en titane, liner en 420, le système LAWKS déverrouillé, une fine rondelle de téflon, la lame, une épaisse rondelle de téflon – ne pas inverser la position des rondelles, car l’épaisseur détermine la position du linerlock sur le talon de la lame –, et l’autre plaquette en titane. On voit aussi un montage en claire-voie, ce qui facilite énormément le nettoyage et la perception d’éventuels problèmes de fonctionnement.)

 

Mais terminons sur la note réjouissante : voici les PLUS :

 

1)      Un matériau magnifique, exceptionnel : le titane.

 

2)      Un encombrement minimal, la solidité d’une conception moderne et d’une fabrication de précision pour des objets…

3)      … d’une efficacité appréciable en des circonstances variées.

4)  Une conception d’une intelligence remarquable : tous les détails se combinent, par exemple les appui-pouce   (pour l’ouverture avec le… pouce) servent aussi de butée à la lame en position fermée et en position ouverte : trois fonctions pour une même pièce mécanique !

5)      Un prix raisonnable : on peut les toucher à moins de 100 € chaque, en se débrouillant bien (je ne sais pas, disons que la Coutellerie tourangelle est une piste pour le petit).

 

6)      Je finis par où j’ai commencé : une esthétique incomparable.

 

Je vous remercie d’avoir suivi jusqu’au bout cette revue que je crains d’avoir rendue fastidieuse, mais qui, je l’espère au fond de moi, vous apportera le plaisir de notre intérêt commun pour les belles lames du monde.

A tous, de beaux rêves,

 

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